RE2020 : ce que révèlent les 1 068 études analysées au 2e trimestre 2026

KeePlanet publie sa nouvelle synthèse trimestrielle issue de son Observatoire de la Réglementation Environnementale. Fondée sur l’analyse de 1 068 études thermiques conformes à la RE2020 réalisées entre avril et juin 2026, elle permet d’observer concrètement les caractéristiques des bâtiments étudiés : niveau de performance énergétique, surfaces, isolation et systèmes techniques retenus.

Au-delà du respect réglementaire, ces données donnent une photographie intéressante de la manière dont les projets sont aujourd’hui conçus pour répondre à la RE2020.

Des bâtiments qui conservent une marge par rapport aux exigences réglementaires

Le premier enseignement concerne le Bbio, qui traduit les besoins bioclimatiques du bâtiment et dépend notamment de son orientation, de sa compacité et de son niveau d’isolation.

Au deuxième trimestre 2026, les projets analysés restent en moyenne sous le Bbio maximal dans les trois grands ensembles climatiques étudiés :

  • –6,69 % dans les zones froides ;
  • –10,64 % dans les zones climatiques moyennes ;
  • –7,53 % dans les zones chaudes.

La marge est donc particulièrement importante dans les zones H2a et H2b.

Cette situation montre que les projets ne sont généralement pas dimensionnés au strict minimum réglementaire. La conception de l’enveloppe et les choix architecturaux permettent, en moyenne, de conserver une certaine sécurité vis-à-vis du seuil réglementaire.

Les consommations énergétiques restent nettement inférieures aux plafonds RE2020

La tendance est encore plus marquée pour le Cep, indicateur des consommations d’énergie primaire du bâtiment.

Les projets analysés présentent un Cep inférieur au maximum réglementaire de :

  • 35,74 % dans les zones froides ;
  • 28,82 % dans les zones moyennes ;
  • 32,88 % dans les zones chaudes.

Les niveaux de consommation moyens observés restent donc sensiblement éloignés du seuil maximal autorisé.

Le constat est différent pour le Cep,nr, qui ne comptabilise que les consommations issues d’énergies non renouvelables. La marge réglementaire reste présente, mais elle est plus réduite : –15,77 % en zones froides, –16,40 % en zones moyennes et –12,14 % en zones chaudes.

C’est un point important : dans les projets étudiés, le Cep,nr apparaît davantage dimensionnant que le Cep global. Le choix des systèmes énergétiques et de leur source d’énergie conserve donc une importance majeure dans l’optimisation d’un projet RE2020.

Des logements plus petits au deuxième trimestre 2026

L’une des évolutions les plus visibles du trimestre concerne la surface habitable.

La SHAB moyenne passe de 134,99 m² au premier trimestre à 127,01 m² au deuxième trimestre 2026, soit une diminution de 5,91 %.

La tranche de surface la plus représentée est désormais celle comprise entre 100 et 120 m².

À ce stade, les données ne permettent pas d’en déterminer la cause. Cette évolution sera néanmoins intéressante à suivre sur plusieurs trimestres afin de déterminer s’il s’agit d’une fluctuation ponctuelle ou d’une tendance plus durable vers des projets plus compacts.

L’isolation évolue peu : des niveaux déjà stabilisés

Les résistances thermiques moyennes observées montrent une relative stabilité entre les deux premiers trimestres de l’année.

Dans les zones froides, les valeurs moyennes atteignent notamment :

  • R = 9,59 m².K/W pour les planchers hauts ;
  • R = 5,68 m².K/W pour les façades ;
  • R = 5,49 m².K/W pour les planchers bas.

Dans les zones moyennes, elles atteignent respectivement 9,44, 5,43 et 5,54 m².K/W, tandis que les zones chaudes affichent 9,55, 5,12 et 5,28 m².K/W.

Le graphique comparatif présenté dans le rapport montre également que la différence entre zones climatiques reste relativement faible pour les planchers hauts, alors qu’elle est plus perceptible pour les façades et les planchers bas.

Cela suggère un certain niveau de maturité des méthodes constructives : les niveaux d’isolation retenus semblent désormais relativement stabilisés dans les projets étudiés.

Le thermodynamique domine très largement les systèmes installés

Le résultat le plus spectaculaire de cette édition concerne sans doute les équipements.

Pour la production d’eau chaude sanitaire, 100 % des projets analysés utilisent une solution thermodynamique, quelle que soit la zone climatique étudiée. Les solutions gaz, solaire et bois ne sont pas représentées dans l’échantillon du trimestre. Les graphiques des pages 11 et 12 du rapport rendent cette domination particulièrement nette.

La tendance est également très forte pour le chauffage.

Au deuxième trimestre 2026, les solutions thermodynamiques représentent :

  • 91,43 % des projets en zones froides ;
  • 72,86 % en zones moyennes ;
  • 91,67 % en zones chaudes.

Le bois complète essentiellement la répartition, avec notamment 27,14 % des installations dans les zones climatiques moyennes. Le gaz est absent des projets recensés dans cette analyse.

Ces chiffres illustrent à quel point les solutions thermodynamiques, et notamment les systèmes utilisant des pompes à chaleur, occupent désormais une place centrale dans les projets RE2020 étudiés par KeePlanet.

La ventilation simple flux demeure ultra-majoritaire

La ventilation évolue beaucoup moins rapidement.

Au deuxième trimestre 2026, la ventilation simple flux représente :

  • 95,48 % des projets en zones froides ;
  • 93,5 % en zones moyennes ;
  • 96,88 % en zones chaudes.

La double flux reste donc minoritaire, même si sa part atteint 6,5 % dans les zones H2a et H2b.

La RE2020 n’entraîne donc pas, dans l’échantillon observé, une généralisation de la ventilation double flux. Les constructeurs continuent très majoritairement à privilégier des systèmes simples flux lorsque ceux-ci permettent d’atteindre les objectifs réglementaires du projet.

Ce qu’il faut retenir du deuxième trimestre 2026

Cette nouvelle photographie de l’Observatoire RE2020 fait ressortir plusieurs tendances fortes : des projets disposant encore d’une marge réglementaire confortable sur le Bbio et le Cep, une surface habitable moyenne en baisse, des niveaux d’isolation relativement stabilisés et une très forte domination des solutions thermodynamiques.

Elle montre également que la performance RE2020 ne repose pas uniquement sur l’augmentation des niveaux d’isolation. L’équilibre entre conception bioclimatique, enveloppe du bâtiment, systèmes énergétiques et recours aux énergies renouvelables reste déterminant.

Avec désormais 1 068 études analysées sur le seul deuxième trimestre 2026, l’Observatoire permet de confronter les exigences théoriques de la réglementation aux solutions réellement retenues dans les projets étudiés par KeePlanet.

KeePlanet continuera à publier régulièrement ces données afin de suivre l’évolution des méthodes constructives et des choix techniques associés à la RE2020.

Consultez le rapport