KeePlanet publie sa nouvelle synthèse trimestrielle issue de son Observatoire de la Réglementation Environnementale. Fondée sur l’analyse de 978 études thermiques conformes à la RE2020 réalisées entre juillet et septembre 2026, elle permet de suivre l’évolution des performances énergétiques, des surfaces habitables, des niveaux d’isolation et des systèmes techniques retenus.
Après les 1 068 études analysées au deuxième trimestre, cette nouvelle édition permet de comparer les résultats et d’identifier les principales évolutions observées dans les projets étudiés.
Des marges réglementaires toujours présentes sur le Bbio
Le coefficient Bbio traduit les besoins bioclimatiques d’un bâtiment. Il dépend notamment de son orientation, de sa compacité et de la performance de son enveloppe.
Au troisième trimestre 2026, les projets analysés présentent un Bbio moyen inférieur au seuil réglementaire dans les trois ensembles climatiques :
- –6,28 % dans les zones froides (H1a, H1b, H1c) ;
- –7,23 % dans les zones moyennes (H2a, H2b) ;
- –7,92 % dans les zones chaudes (H2c, H2d, H3).
Par rapport au deuxième trimestre, la marge diminue particulièrement dans les zones climatiques moyennes, où elle était de 10,64 %.
Cette évolution traduit un rapprochement du Bbio moyen des projets étudiés avec le plafond réglementaire dans ces zones. Les résultats restent néanmoins conformes et témoignent de l’importance de la conception bioclimatique dans l’atteinte des exigences RE2020.
Des consommations énergétiques nettement inférieures aux plafonds réglementaires
Le coefficient Cep mesure les consommations conventionnelles d’énergie primaire du bâtiment.
Les résultats du troisième trimestre montrent que les consommations moyennes demeurent sensiblement inférieures aux limites réglementaires :
- –35,80 % dans les zones froides ;
- –33,17 % dans les zones moyennes ;
- –30,71 % dans les zones chaudes.
Les marges restent donc importantes, bien que leur évolution diffère selon les zones climatiques.
Pour le Cep,nr, qui prend en compte les consommations d’énergie primaire non renouvelable, les marges sont plus réduites :
- –16,90 % dans les zones froides ;
- –17,69 % dans les zones moyennes ;
- –10,33 % dans les zones chaudes.
Comme au trimestre précédent, le Cep,nr apparaît plus proche de son seuil réglementaire que le Cep global.
Cette différence souligne le rôle déterminant du choix des équipements et des sources d’énergie dans la performance globale des projets RE2020.
Une surface habitable moyenne qui repart à la hausse
L’une des évolutions notables du troisième trimestre concerne la surface habitable des bâtiments étudiés.
La surface habitable moyenne atteint 130,79 m², contre 126,56 m² au trimestre précédent, soit une augmentation de 3,34 %.
Cette hausse intervient après la diminution observée entre le premier et le deuxième trimestre 2026.
La tranche de surface la plus représentée est désormais celle comprise entre 80 et 100 m², alors qu’elle se situait entre 100 et 120 m² au trimestre précédent.
Cette évolution montre que l’augmentation de la moyenne ne s’accompagne pas nécessairement d’une progression des surfaces les plus fréquemment rencontrées.
Le suivi des prochains trimestres permettra de déterminer si ces variations correspondent à des fluctuations ponctuelles dans les projets analysés ou à une évolution plus durable des surfaces construites.
Des niveaux d’isolation globalement stabilisés
Les résistances thermiques moyennes observées au troisième trimestre restent proches de celles du trimestre précédent.
Dans les zones climatiques froides, les valeurs moyennes atteignent :
- R = 9,55 m².K/W pour les planchers hauts ;
- R = 5,48 m².K/W pour les façades ;
- R = 5,23 m².K/W pour les planchers bas.
Dans les zones moyennes, elles atteignent respectivement 9,71, 5,32 et 5,65 m².K/W.
Les zones chaudes présentent des valeurs de 9,49, 5,31 et 5,38 m².K/W.
Les planchers hauts conservent ainsi des niveaux d’isolation relativement homogènes entre les différents secteurs climatiques.
Les variations observées sur les façades et les planchers bas restent modérées, même si certaines évolutions sont plus marquées localement.
Ces résultats confirment une certaine stabilité des solutions d’isolation retenues dans les projets étudiés.
Le thermodynamique renforce sa position dans les systèmes de chauffage
L’analyse des équipements montre une nouvelle fois la place dominante des solutions thermodynamiques dans les projets conformes à la RE2020.
Pour la production d’eau chaude sanitaire, 100 % des projets recensés utilisent une solution thermodynamique, quelle que soit la zone climatique.
Concernant le chauffage, les solutions thermodynamiques représentent désormais :
- 94,64 % des installations dans les zones froides, contre 91 % au trimestre précédent ;
- 82,35 % dans les zones moyennes, contre 71,25 % ;
- 91,04 % dans les zones chaudes, contre 92,16 %.
La progression est particulièrement marquée dans les zones climatiques moyennes, avec une hausse de 11,10 points en un trimestre.
À l’inverse, la part du chauffage au bois y recule de 28,75 % à 17,65 %.
Le gaz reste absent des systèmes de chauffage recensés dans l’échantillon analysé.
Ces résultats confirment la place prépondérante des solutions thermodynamiques dans les choix techniques des projets étudiés, tout en mettant en évidence certaines différences selon les régions climatiques.
La ventilation simple flux reste largement majoritaire
La ventilation constitue un autre indicateur intéressant de l’évolution des pratiques constructives.
Au troisième trimestre 2026, la ventilation simple flux représente :
- 96,37 % des installations dans les zones froides ;
- 89,62 % dans les zones moyennes ;
- 96,60 % dans les zones chaudes.
La ventilation double flux demeure donc minoritaire dans les trois ensembles climatiques.
Une évolution mérite néanmoins d’être soulignée dans les zones H2a et H2b : la part de la double flux passe de 5,84 % à 10,38 % en un trimestre.
Cette progression représente une augmentation de 4,54 points et constitue l’une des évolutions les plus visibles concernant les équipements de ventilation.
Il faudra toutefois observer les prochains trimestres pour déterminer si cette progression se confirme.
Ce qu’il faut retenir du troisième trimestre 2026
Cette nouvelle édition de l’Observatoire RE2020 met en évidence plusieurs tendances.
Les projets étudiés conservent des marges appréciables par rapport aux seuils réglementaires de consommation énergétique, tandis que les besoins bioclimatiques évoluent différemment selon les zones climatiques.
Après une baisse au deuxième trimestre, la surface habitable moyenne repart à la hausse et atteint 130,79 m².
Les niveaux d’isolation restent globalement stables, ce qui confirme une certaine continuité dans les méthodes constructives utilisées.
Du côté des équipements, les solutions thermodynamiques dominent toujours largement, avec une progression notable pour le chauffage dans les zones climatiques moyennes.
Enfin, la ventilation simple flux demeure majoritaire, malgré une hausse sensible de la double flux dans ces mêmes zones.
Avec 978 études supplémentaires analysées au troisième trimestre 2026, KeePlanet poursuit son suivi des performances énergétiques et des méthodes constructives associées à la RE2020.
Ces données permettent de confronter les exigences de la réglementation aux caractéristiques concrètes des projets étudiés et d’en suivre les évolutions trimestre après trimestre.
Consultez le rapport complet du troisième trimestre 2026 :